Décret NPEC de juin 2025 : ce que ça change (vraiment) sur les aides à la formation à distance
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Depuis plusieurs mois déjà, le décret du 27 juin relatif à la minoration de la prise en charge des actions de formation par apprentissage dispensées en partie à distance (NPEC) suscite de nombreuses questions dans l’écosystème de l’alternance. Entre informations partielles, interprétations parfois alarmistes et manque de visibilité, beaucoup d’employeurs se demandent concrètement ce que cela change pour eux lorsqu’ils recrutent un alternant.
En effet, le texte réglementaire stipule que « L'opérateur de compétences (OPCO) minore le niveau de prise en charge de 20 % lorsque les enseignements dispensés par le centre de formation d'apprentis sont réalisés à distance au moins à 80 % de leur durée totale. ».
Bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, et notamment pour les formations proposées par OpenClassrooms, ce décret n’a aucun impact négatif pour les employeurs. Ci-dessous, on vous explique ce qu’il faut vraiment comprendre sur le décret NPEC, et ce qu’il change (ou non) pour vous avec Guillaume Houzel, Directeur général délégué au développement d'OpenClassrooms.
Qu’est-ce que le NPEC et pourquoi ce décret ?
Le Niveau de Prise en Charge (NPEC) est le montant forfaitaire versé par les OPCO (opérateurs de compétences) pour financer la formation d’un apprenti. Il vient alléger le coût de la formation pour l’employeur, qui n’a plus qu’à régler la différence avec le prix fixé par le CFA, différence qu’on intitule souvent le « reste à charge ».
Le décret de juin 2025 introduit une modulation de ces tarifs : il prévoit une minoration des NPEC pour les formations réalisées en distanciel. L’argument avancé par les sénateurs à l’origine du texte est d’ajuster le financement aux coûts de structure, en partant du principe qu’un centre de formation sans locaux physiques permanents supporterait des charges fixes moins élevées.
« Cette logique me semble largement contestable. Les parlementaires espéraient des économies budgétaires : elles sont estimées à seulement 10 à 20 millions d’euros, soit environ 1/1000ᵉ des dépenses totales consacrées à l’alternance. Un effort budgétaire marginal, pour un signal négatif fort envoyé à un secteur en plein essor. Ce texte révèle surtout des préjugés tenaces sur la formation en ligne, encore trop souvent perçue comme une solution « au rabais », alors même qu’elle peut offrir un niveau d’accompagnement supérieur à bien des formations en présentiel. »
Guillaume Houzel, Directeur général délégué au développement d'OpenClassrooms
Une exemption décisive : les certifications préparées 100% en ligne
Face aux limites évidentes d’une minoration systématique, l’administration a introduit une exemption importante. Celle-ci concerne les certifications professionnelles préparées exclusivement via des formations intégralement en ligne : les « pure players » de l’apprentissage numérique.
La DGEFP (Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle) a ainsi recensé 33 certifications répondant à ce critère d’exemption.
Cette décision d’exemption peut s’interpréter par deux éléments clés :
Un signal de qualité reconnu par l’État. «L’enregistrement d’une certification au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles) est opéré après un examen exigeant par France Compétences », explique Guillaume Houzel. Par extension, les formations 100% en ligne proposées par le CFA certificateur bénéficient d’un a priori favorable.
La logique économique. « Appliquer une minoration de 20 % à chaque cycle de révision amènerait rapidement au plancher le Niveau de prise en charge. Alors même que la qualité de ces certifications est reconnue ».
Ce qui change pour nos alternants (spoiler : rien)
Chez OpenClassrooms, nous portons 14 des 33 certifications concernées par l’exemption du décret de juin 2025. Ainsi, 90 % des alternants formés par notre école préparent des diplômes proposés intégralement en ligne. Le niveau de financement pour ces talents reste donc stable, les aides de l’État sont maintenues, et la prise en charge par les OPCO n’est pas affectée.
Pour un employeur qui recrute un alternant avec OpenClassrooms aujourd’hui, la réponse est claire : rien ne change négativement. L’alternant continue de se former à son rythme individualisé avec 4 jours par semaine en entreprise, et 1 jour consacré à son parcours de formation. Le tout, en bénéficiant du même niveau de financement qu’auparavant.
Casser les idées reçues : la formation en ligne n’est pas « low-cost »
La tourmente dans laquelle sont plongés de nombreux acteurs de la formation en ligne actuelle met en lumière l’une des idées reçues les plus répandues (et les plus tenaces) chez les recruteurs : on confond encore trop souvent « distanciel » et « isolement », ou encore « en ligne » et « sans suivi ». La modalité ne dit rien de la qualité d’une formation.
Le modèle d’OpenClassrooms repose sur trois piliers qui font la différence :
L’apprentissage par projets. L’étudiant ne récite pas du par cœur, il fait. Il produit des livrables concrets, directement applicables en entreprise ;
Le mentorat individuel. Chaque semaine, l’alternant fait le point avec un professionnel du secteur. Ce suivi sur-mesure est rare dans les formations en présentiel à grande échelle, et le traçage fin des données d’apprentissage permet un accompagnement bien plus granulaire qu’un cours magistral classique ;
La flexibilité au service de l’entreprise. La formation s’adapte au rythme de l’entreprise, et non l’inverse. C’est un avantage concurrentiel réel pour les employeurs.
«C’est la réalité que peinent encore à voir certains : en soit, la formation en ligne n’a rien de low cost. Au contraire, elle peut exiger au service de la qualité d’importants investissements. Créer une plateforme technologique de haute qualité ou concevoir des cours avec les meilleurs experts demande une R&D dynamique. Le modèle en ligne n’est pas une version dégradée de la formation : c’est une ingénierie pédagogique différente, qui n’en est pas moins performante. » GH
Le distanciel, levier d’inclusion et d’équité
Au-delà des questions de financement, ce décret invite à une réflexion plus large sur la place de la formation à distancedans l’alternance. C’est une conviction profonde que nous portons chez OpenClassrooms : le distanciel n’est plus une solution de secours, mais bel et bien un levier puissant d’inclusion dans le recrutement. Il permet à un jeune en zone rurale, à un salarié en reconversion ou à un professionnel en activité d’accéder aux meilleurs diplômes sans contrainte géographique.
La bonne approche réglementaire ne devrait pas stigmatiser les modalités pédagogiques, mais mesurer les résultats : taux d’insertion professionnelle, satisfaction des employeurs, progression des apprenants.
Guillaume Houzel conclut : « c’est en valorisant ces indicateurs et en luttant vigoureusement contre les fraudes avérées que l’on bâtira un système d’alternance plus juste et plus efficace. »
Dans un contexte de souveraineté numérique et de besoins massifs en compétences numériques, brider des modèles performants et certifiés par des logiques budgétaires marginales serait un contresens stratégique pour la France.
Pssssst : et si vous dénichiez votre prochaine pépite chez OpenClassrooms ? Nous travaillons déjà avec près de 1 400 employeurs et formons chaque mois des milliers de candidats à l’alternance, dans des dizaines de domaines. Découvrez nos candidats et choisissez parmi un vivier de talents atypiques et qualifiés sur OpenClassrooms !

