Se réinventer en permanence: comment répondre aux impératifs du monde du travail ?

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Développement du travail à distance et du coworking, explosion du freelancing, digitalisation accélérée de l’économie, le monde du travail est aujourd’hui en mutation. Au point que selon certains experts, à l’exemple de l’Institut du Futur, un think tank californien, 85 % des métiers de 2030 n’existeraient pas encore. Un bouleversement qui impose aujourd’hui aux actifs de se réinventer pour intégrer une logique de formation permanente.

UX designer, Growth hacker, Data scientist, Inbound marketeur, Maker space manager, Drone data analyst, Chef de projet chatbot, etc… Inutile de se lancer dans un fastidieux inventaire à la Prévert tant les métiers émergents ou sur le point d’apparaître sont aujourd’hui nombreux. Selon une étude de France Stratégie, plus de 800 000 nouveaux emplois pourraient être créés chaque année en France d’ici 2022. Même si les métiers du digital représentent une bonne part d’entre eux, tous ces postes à pourvoir ne sont pas directement liées à la transition numérique. Le vieillissement de la population favorise le développement des services à la personne, tandis que la tertiarisation de l’économie et l’indispensable transition écologique créent elles aussi de nouveaux emplois.

Freelance, télétravail, coworking : de nouvelles manières de travailler

Au-delà des créations de postes ex-nihilo, ce sont avant tout les métiers existants qui sont appelés à évoluer. Selon le ministère du Travail, 50 % des emplois actuels seront profondément transformés dans les 10 ans à venir. Chacun est dès aujourd’hui encouragé à adopter de nouvelles manières de travailler. L’explosion du travail freelance illustre cette réalité. En l’espace de seulement 10 ans, le nombre de travailleurs indépendants a augmenté de 126 %[1]. Si bien que les entreprises doivent de plus en plus apprendre à travailler avec ces profils indépendants. D’autant que 88 % des freelance affirment avoir choisi et non pas subir cette liberté dans le travail. Au point que là encore émerge le métier de Chief freelance officer, chargé de gérer les équipes de freelances qui travaillent pour une entreprise.

La liberté, ou du moins la recherche d’une plus grande autonomie, est bien l’une des grandes caractéristiques de ce monde du travail en mutation.Une étude menée par Malakoff Médéric en janvier 2018 a montré que 25 % des salariés français pratiquent déjà le télétravail un ou plusieurs jours par semaine. Avec la réforme du code du travail de 2018, qui encourage les entreprises à pratiquer le travail à distance, cette tendance est appelée à s’accélérer. Désormais, un simple accord entre l’employeur et le salarié suffit pour autoriser le télétravail et tout refus doit être motivé par les entreprises. Celles-ci ont d’ailleurs tout à gagner à favoriser le travail à distance, puisque 95 % des personnes en télétravail estiment avoir une meilleure qualité de vie personnelle, mais aussi une meilleure productivité (86 %) et une plus grande implication professionnelle[2].

Le travail à distance s’effectue bien sûr à domicile, mais aussi dans les espaces de coworking, qui connaissent une véritable explosion. Dans un rapport remis au gouvernement en septembre 2018, la fondation Travailler Autrement dénombre 1 800 espaces de coworking et autres tiers lieux en France. Il a suffi d’un an, entre 2016 et 2017, pour que le chiffre d’affaire de ce marché augmente de 80 %. Et ce n’est qu’un début. Selon les estimations, les richesses produites par le biais du coworking et du télétravail pourraient augmenter de 88 % d’ici 2030, pour atteindre un total de 123 milliards d’euros.

Adaptabilité et apprentissage, les clés de demain

Cet univers en mouvement suppose bel et bien d’accepter de se réinventer en permanence. Selon l’OCDE, dans les années 70, une compétence technique restait valable 20 ans. Aujourd’hui, elle peut devenir obsolète en moins…d’un an. Voilà pourquoi, à l’avenir, le diplôme et l’expérience sont appelés à avoir moins d’importance. Plus que jamais, les DRH soulignent l’importance des Soft Skill, ce fameux savoir-être qui fait toute la différence. 90 % des recruteurs estiment aujourd’hui que les compétences comportementales seront de plus de plus valorisées à l’avenir, avec en premier lieu, l’adaptabilité[3].

Or qui dit adaptabilité dit forcément apprentissage. Apprendre à apprendre, voilà sans doute aujourd’hui le secret de la réussite. Dans ce contexte, la formation continue devient un impératif professionnel. La demande accrue d’autonomie exprimée par les salariés et encouragée par les technologies numériques, couplée à la nécessité de rester agile et de consentir à un effort de formation permanent, a présidé à l’esprit de la réforme de la formation professionnelle. Depuis le 1er janvier 2019, le compte personnel de formation (CPF) est monétisé et non plus comptabilisé en heures. Désormais, tout salarié dispose chaque année de 500 euros (800 euros pour les moins qualifiés), au lieu de 24 heures annuelles, pour suivre la formation de son choix, sans intermédiaire ni avis de l’employeur. L’accord de ce dernier reste en revanche requis si le planning de formation impacte le temps de travail.  A partir de l’automne 2019, une application sera disponible pour les 30 millions d’actifs bénéficiant du CPF. Elle permettra d’accéder directement aux formations disponibles, de les comparer, et de les payer en ligne. De quoi concilier désir d’autonomie, travail à distance et nécessité de se réinventer en permanence.


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[1] Etude le freelancing en France 2018, Freelance et fier de l’être, portrait d’une nouvelle catégorie de travailleur, Malt Ouishare

[2] Enquête Obergo, Impact du télétravail en 2018

[3] Les compétences préférées des recruteurs sont…., les Echos Start, 7 décembre 2018

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