Pourquoi les « soft skills » font la différence ?

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Les soft skills sont le sujet RH du moment. Ces fameuses qualités comportementales affolent en effet les recruteurs. Et à raison : si une parfaite maîtrise technique ne suffit plus à faire la différence, se concentrer sur les compétences comportementales ou interpersonnelles n’est pas non plus un gage de réussite. Le véritable enjeu réside aujourd’hui dans la capacité à saisir intelligemment les opportunités offertes par un monde du travail en mutation.

A la différence des compétences techniques, qui désignent des compétences techniques et quantifiables, par exemple la maîtrise du Java pour un développeur, les soft skills ne dépendent reposent plutôt sur le bon sens. Elles se basent sur la capacité à comprendre et interagir positivement avec son environnement. Elles font appel à l’intelligence émotionnelle et s’appuient sur les processus cognitifs, et se cultivent donc avec l’expérience. De ce point de vue, elles offrent à chacun la possibilité de progresser professionnellement et décloisonnent de nombreux métiers.

Devenir soi-même

Cela pourrait s’apparenter à un mauvais slogan publicitaire, mais ce qui est en jeu à travers les soft skills sonne bel et bien comme une invitation à cultiver une forme d’authenticité. Dans son étude annuelle Future of Jobs Report 2018, le World Economic Forum souligne que d’ici 2022, dans un monde professionnel très largement dominé par le numérique, la maîtrise des technologies ne constituera qu’une partie des compétences attendues. Certes, une aisance et une compréhension minimales des outils informatiques seront incontournables, mais certainement pas suffisantes. 

Savoir mettre à profit le temps professionnel libéré par des tâches de plus en plus automatisées : voilà ce qui fera la différence ! A cet égard, les qualités individuelles comme la créativité, l’originalité, l’esprit critique, les capacités de négociation seront au centre du jeu. La capacité à intervenir dans un environnement complexe, le leadership et l’empathie, mais aussi la résilience et la flexibilité sont elles-aussi appelées à prendre plus d’importance. 

Selon une étude menée par LinkedIn en début d’année, la créativité arrive en tête des qualités recherchées en 2019 par les recruteurs. Ne nous méprenons pas : l’enjeu ici n’est pas de s’imposer comme un génie créatif et de rivaliser avec Van Gogh ou Mozart. L’essentiel reste en revanche de témoigner de sa capacité à s’inspirer de son environnement, de ses connaissances et de son expérience personnelle pour développer une pensée originale et aborder telle ou telle problématique selon un angle différent, voire inédit.

IA, soft skills et formation professionnelle, un lien de cause à effet

A cet égard, la montée en puissance de l’intelligence artificielle peut devenir un moteur pour développer nos qualités humaines. Justement parce que les soft skills ne sont pas automatisables. Le fameux rapport du député et mathématicien Cédric Villani, Donner un sens à l’intelligence artificielle, Dle souligne sans équivoque : « Pour assurer la complémentarité de l’humain avec l’intelligence artificielle, ce sont les compétences sociales et relationnelles et les compétences créatives qui doivent être développées ». Voilà pourquoi, selon les auteurs du rapport, « dans une société automatisée, se former en permanence sera une nécessité ». 

Intégrer cette logique d’apprentissage tout au long de la vie n’est pas chose aisée. Elle suppose de réelles capacités de résilience pour accepter de ne pas se satisfaire de ses acquis, de se réinventer en permanence, mais aussi se réjouir de l’inconnu et s’enthousiasmer de la nouveauté. D’autant plus lorsque cette nouveauté est déjà là. Selon le World Economic Forum, 54 % des employés verront leur poste évoluer dans les prochaines années et auront besoin de se perfectionner sur tels ou tels aspects de leur métier d’ici 2022. Voilà aussi pourquoi Cédric Villani et son équipe mettent en garde les acteurs de la formation professionnelle contre « une adaptation trop précise d’une formation à des postes vacants qui conduirait très probablement à une inadaptation plus globale des individus à un marché de l’emploi en constante évolution ».

Soft skills et transversalité

Dès à présent, des entreprises ont mis en place des parcours de formation qui tiennent compte du caractère désormais mouvant de la vie professionnelle. Chez Theodo par exemple, une société spécialisée dans le développement d’applications web, chaque collaborateur peut à tout moment changer de spécialisation s’il le souhaite. Une logique similaire est à l’œuvre chez Volvo, où les salariés peuvent changer de métier sans avoir à justifier d’un diplôme. Bien sûr, ces évolutions passent par un parcours de formation encadré, mais dans un cas comme dans l’autre, cette mobilité repose avant tout sur la motivation, l’envie d’évoluer, d’apprendre et progresser, autrement dit sur les soft skills des collaborateurs. Et cela a tout l’air d’être une bonne nouvelle. Selon classement HappyIndex®AtWork 2019 réalisé après de 9000 entreprises et 152 000 salariés, il apparaît que les sociétés où les salariés sont les plus heureux et les plus impliqués dans leur travail sont aussi celles où chacun est libre de choisir son évolution professionnelle à travers de véritables passerelles entre les métiers.

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