Loi avenir professionnel  : ce qui va changer pour l’apprentissage dans les entreprises

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La formation par alternance devient un levier important de la transformation des compétences en entreprise. Avec la mise en place de la réforme de la formation professionnelle, ce dispositif va prendre toute son ampleur. En effet, la nouvelle loi “liberté de choisir son avenir professionnel” met l’accent sur le développement de l’apprentissage. Il représente aujourd’hui 420 000 contrats et qui devrait se développer de manière significative. Qu’est ce que cela implique concrètement pour les entreprises ? Décryptage.

 

loi avenir professionnel

Les entreprises sont-elles prêtes à se saisir de la nouvelle donne?

La loi sur l’apprentissage (de 16 à 29 ans révolus) touche tous les aspects de la formation professionnelle. Pour les entreprises, l’un des premiers changements concerne le pilotage des objectifs et des moyens de l’apprentissage.

Auparavant financé et dirigé par les régions, l’apprentissage sera désormais aux mains des branches professionnelles, ce qui n’est pas le moindre aspect de la réforme. Celles-ci joueront un rôle majeur dans l’élaboration des référentiels et dans la mise en oeuvre de nouvelles formations correspondant à l’évolution des besoins des entreprises. Les régions conserveront un rôle dans l’orientation professionnelle. Cependant, ce sont bien les entreprises qui seront responsables de l’évolution des formations en apprentissage.

Si elles s’impliquent pleinement dans l’expression de leurs besoins via leurs branches professionnelles, les entreprises pourraient alors changer l’éventail et le contenu des formations proposées. C’est un sujet essentiel, alors que les besoins du monde du travail évoluent de plus en plus vite. L’obsolescence accélérée des compétences fait couler toujours plus d’encre, et à juste titre : une étude Dell / Institut pour le Futur estime que 85 % des métiers de 2030 n’existent pas aujourd’hui. Pour faire face à ce défi, les branches professionnelles se trouvent au coeur de la réforme. L’objectif est bien de définir et de faire évoluer les référentiels de formation pour anticiper la demande d’évolution des compétences.

Une simplification des financements, gage d’un meilleur contrôle

La réforme de l’apprentissage s’attaque aussi à un point majeur du système de la formation par apprentissage : le financement. Là aussi, les entreprises auront un rôle essentiel à jouer avec leurs branches professionnelles. Ces dernières établiront un “coût contrat” avec les nouveaux opérateurs de compétences (OPCO) et l’organisme de tutelle pour l’apprentissage, “France Compétences” pour chaque type de formation en apprentissage. Les CFA pourront alors mieux gérer leur coût de fonctionnement.

Pour les centres de formation, c’est une grande simplification. Pour les entreprises, cela permettra un meilleur contrôle du coût de la formation qu’elles payent avec leur taxe d’apprentissage. Enfin, pour les entreprises de moins de 250 salariés, il est prévu une aide spécifique, sous la forme de prime pour embauche d’alternant.

loi apprentissage

Une plus grande transparence et un contrôle de la qualité des CFA et des formations qu’elles dispensent

Parmi les évolutions, trois dispositions retiennent l’attention. D’abord, la réforme prévoit de développer l’offre d’alternance dans tous les organismes de formation ou les entreprises (plus besoin, à partir de 2021, d’une autorisation régionale pour créer un CFA ou d’un organisme de gestion spécifique) . Ensuite, toute création de CFA sera soumise à une certification qualité validée un organisme agréé ou par un OPCO. Enfin, un véritable dispositif de transparence va permettre aux entreprises, aux familles et aux candidats à l’apprentissage de mieux mesurer les performances des CFA. Par exemple, les organismes de formation qui dispensent des formations en alternance devront informer les publics de leurs résultats. Ils devront ainsi préciser leur taux d’insertion, la réussite aux examens, le nombre de ruptures de contrat, etc.

 

Ces changements sont très importants pour les entreprises. L’ouverture du marché de la formation offrira une palette de compétences plus étoffée. L’exigence de transparence et de qualité permettra quant à elle de sélectionner un prestataire de formation de façon éclairée. Cette exigence s’illustre aussi à travers la volonté d’encadrer au mieux l’apprentissage, à travers la certification des maîtres d’apprentissage dans les entreprises.

Au final, la réforme de l’apprentissage offre aux entreprises de nombreuses opportunités. En particulier, celle de concilier la performance économique avec la mission d’intégration de la jeunesse et de l’accompagnement de l’évolution des compétences.


 
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