Formation professionnelle : quand la Tech devient force de proposition

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L’émergence de l’économie numérique encourage le renouvellement des compétences et la formation continue des collaborateurs. Pour y répondre, entreprises, acteurs de l’éducation et de la Tech inventent ensemble de nouvelles modalités de formation.

 

A la recherche des « new collars »

Finie la distinction entre « cols blancs » et « col bleus ». L’économie numérique nous éloigne des schémas traditionnels hérités du fordisme et du taylorisme.

Désormais, on parle de « new collar », terme inventé en 2016 par Ginni Rometty, le PDG d’IBM. Ni cols blancs ni cols bleus, ces « new collar » s’apparentent à des profils techniques et spécialisés, parfaitement formés aux outils numériques et capables de répondre aux besoins actuels des entreprises.

Datascientists, développeurs, spécialistes du web marketing, etc, autant de nouvelles compétences indispensables à la réussite des entreprises. En résumé, comme le souligne Lionel Bourgeon, Partner Conseil en charge du projet de transformation de l’Academy de formation chez Sopra Steria, « les ruptures technologiques, toujours plus nombreuses et fréquentes, conditionnent l’évolution des compétences des collaborateurs ».

Seulement voilà, aussi recherchés soient-ils, ces nouveaux profils demeurent rares sur le marché. Aux Etats-Unis, selon Cathy Barrera, économiste pour le jobboard américain ZipRecruiter, le besoin pour ces nouveaux profils a crû de 45 % en 2017. 6,2 millions d’emplois seraient ainsi vacants outre-Atlantique, faute de disposer d’une main d’œuvre dotée des bonnes compétences.

 

La nature du travail change fondamentalement, et cela modifie en profondeur le lien entre l’éducation, l’apprentissage et les opportunités de carrière – Sundar Pichai, Google

partenariats formation professionnelle

 

Former aujourd’hui aux compétences de demain

D’où la volonté croissante de la part des entreprises américaines de monter des partenariats étroits avec les universités et les organismes de formation. Les champions du numérique sont en première ligne sur ce genre d’initiative.

« La nature du travail change fondamentalement, et cela modifie en profondeur le lien entre l’éducation, l’apprentissage et les opportunités de carrière », justifiait en octobre 2017 Sundar Pichai, le CEO de Google, au moment d’annoncer la décision du moteur de recherche de financer à hauteur de 1 milliard de dollars la formation numérique des chercheurs d’emploi.

Avant lui, Tim Cook, le CEO d’Apple, avait annoncé durant l’été la conclusion d’un partenariat avec 30 collèges pour apprendre aux élèves à construire des applis avec Swift, le langage de programmation d’Apple.

De son côté, Salesforce a récemment mis en ligne Trailhead for students, une plateforme d’apprentissage numérique gratuite. Plus de 70 partenaires éducatifs y participent, notamment l’université du Massachussets et l’université de San Francisco. Bien sûr, il ne faut pas voir dans ces initiatives l’expression d’une pure philanthropie, puisqu’elles assurent à ces grandes plateformes des utilisateurs toujours plus nombreux.

Elles témoignent cependant d’une tendance de fond : dans le monde numérique, emploi et formation continue sont étroitement liés, et les entreprises de la tech prennent plus que jamais l’initiative.

 

A compétences nouvelles, formations nouvelles

Pour Lionel Bourgeon, cette réalité « oblige les entreprises à être plus créatives et plus à l’écoute. (…). Les actifs sont entrés dans une phase d’apprentissage continu, qui va bien au-delà de leur cœur de métier » (voir l’article).

C’est sans doute ce constat qui a conduit par exemple Capgemini à faire récemment appel à OpenClassrooms. Un programme de formation spécifique, spécialement conçu pour répondre aux besoins précis de l’entreprise, a été mis en œuvre.

L’objectif ? Recruter une promotion de développeurs Java, parfaitement formés et opérationnels. Pour y parvenir, OpenClassrooms a fait appel aux 3 millions de personnes qui suivent régulièrement les cours disponibles sur la plateforme. Plus de 1 500 d’entre eux se sont immédiatement portées candidats. Les candidats retenus vont suivre un programme de 3 mois en ligne, suivi de 15 mois en alternance, à raison de 4 jours dans l’entreprise et 1 jour à distance. Au terme du cursus, tous seront reconnus « experts en ingénierie informatique » et disposeront d’un diplôme bac + 5 reconnus par l’Etat. De quoi répondre au besoin des entreprises à la recherche de ces « new collar » qui feront le monde de demain.

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