Réforme de la formation professionnelle 2018 : les enjeux

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Le manque de salariés qualifiés dans certains domaines clés pèse sur la croissance des entreprises. De plus, celles-ci doivent s’attendre à voir une grande partie des métiers transformés par la révolution numérique. À quels défis doit répondre l’imminente réforme de la formation professionnelle ?

 

Adapter les compétences, un 1er enjeu de la réforme de la formation professionnelle

Un président et 2 rapports le disent…

Priorité sera donnée à la formation tout au long de la vie pour faire face aux grands changements.

Cette déclaration d’Emmanuel Macron au moment des traditionnels vœux est sans ambiguïté : 2018 est l’année de la réforme tant attendue de la formation professionnelle ! Il faut dire que l’enjeu est majeur : toutes les enquêtes pointent une pénurie de compétences, notamment numériques, qui se creuse. Deux rapports récents viennent de confirmer cette tendance, celui du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) sur le thème « Automatisation, numérisation et emploi », et la note de conjoncture du Syntec numérique, le syndicat des professionnels du secteur.

 

2e enjeu : une pénurie croissante et mondiale…

Premier enseignement : la pénurie de compétences experts dans les nouvelles technologies se creuse. Le COE chiffre à 80 000 le nombre d’emplois vacants pour les seules technologies de l’information et de l’électronique d’ici 2020. Il faut dire que le secteur est dynamique et croît à une vitesse de 4% par an, soit dix fois plus que la moyenne de l’emploi total.

Ces emplois sont qualifiés ou très qualifiés. En France, la pénurie est importante dans les secteurs de l’ingénierie, la mécanique, les télécoms, et très marquée en informatique et électronique. La gestion et l’exploitation de données, la programmation, la conception et la maintenance de logiciels sont extrêmement recherchées.

A noter : cette pénurie est mondiale. Elle est estimée à 161 000 emplois au Royaume-Uni et 150 000 en Allemagne par exemple.

 

De lourdes conséquences pour les entreprises

Elle n’est pas sans conséquence. Trois quarts des entreprises du secteur déclarent avoir du mal à recruter. Le conseil en technologie est le secteur le plus impacté : 8 entreprises sur dix avouent ne pas trouver des candidats qui correspondent à leurs besoins. Cette pénurie de compétences pèse sur le chiffre d’affaires. Selon le Syntec, 65% des entreprises estiment que leurs difficultés de recrutement limitent leur croissance !

Dans les entreprises de service, les métiers les plus en tension sont les architectes réseau, les data scientists, les développeurs :

Réforme de la formation profesionnelle 2018 : métiers en tension

Chez les éditeurs, les développeurs et les chefs de projets sont très demandés :

Réforme de la formation profesionnelle 2018 : métiers en tension

Il n’est pas étonnant que le secteur soit devenu très attractif, avec une rémunération annuelle qui frôle les 50 000 euros. La guerre des talents se joue aussi sur la feuille de paie !

 

Des transformations notables à anticiper !

Mais attention, la pénurie de compétences ne concerne pas seulement ces postes devenus clés dans les entreprises. Comme le souligne le COE, « 50% des actifs verront le contenu de leur emploi actuel notablement ou profondément transformé » par la révolution numérique. Tous les niveaux de qualification et tous les secteurs sont concernés, du commerce à l’industrie en passant par l’agriculture.

Par conséquent, le niveau général de compétences numériques doit progresser fortement pour permettre l’adaptation à ce nouvel environnement. Or, toujours d’après le COE, 8% de la population active ne dispose d’aucune compétence numérique, et 27% a un niveau faible. Sur ce point, les seniors sont les « mauvais élèves » de la classe comparés aux générations Y à Z biberonnées à Internet depuis toutes petites. 82% des 16-24 ans ont des compétences numériques de base contre 53% pour les 45-54 ans. La qualification joue également un rôle très important. 84% des personnes très qualifiées ont un niveau suffisant contre 31% des personnes peu qualifiées.

 

Les impacts multiples de la formation professionnelle

Pour répondre à ces différentes formes de pénurie, la formation professionnelle est clé. Plutôt que de se battre pour attirer des profils technologiques en pénurie sur le marché, les responsables RH pourraient recruter des profils un peu moins qualifiés et/ou en reconversion professionnelle et les amener au niveau d’expertise recherchée.

Le partenariat conclu entre Capgemini et OpenClassrooms illustre cette possibilité de diversification du recrutement. Les étudiants intègrent le programme d’alternance proposé s’ils ont un niveau bac +3 ; ils en sortent avec un niveau bac +5 et une expertise de développeur ou de data scientist, deux domaines extrêmement recherchés et valorisés en entreprise.

La formation continue est aussi un moyen d’actualiser les connaissances et compétences dans un secteur numérique qui est en perpétuelle évolution. A une condition : qu’elle sache conjuguer souplesse et efficacité, pour mieux répondre aux attentes des salariés comme des entreprises.

 

Réforme de la formation professionnelle : une opportunité pour les entreprises ?

Pour éviter de subir une pénurie de talents qui serait nuisible pour la croissance, dirigeants et responsables de formation doivent donc anticiper dès à présent les besoins de compétences dans leur entreprise, et construire des plans de formation massifs, accessibles à tous, personnalisés selon les profils.


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